13 septembre 2015

VIVE LA BANQUEROUTE !


Désendetter l’État. There is no alternative. Rares sont les paroles qui réussissent à se faire entendre dans nos médias pour proposer une autre solution. Aussitôt, au nom du réalisme, elles sont reléguées au rang des utopies.
Pourtant, la réalité est aussi ailleurs, en Islande, en Argentine, en Équateur, où un autrement est possible.
Pourtant, la réalité passée regorge d’autrement.


 
Surendettement de l’État, l’histoire n’est pas nouvelle. De tous temps, après avoir imposé jusqu’à la limite du supportable, les miséreux comme les nantis, spolié les biens de l’Église, des hommes d’États dont les noms figurent encore dans les livres d’histoires et les statues sur les places de nos villes, ont organisé la banqueroute.
En 1307,Philippe le Bel conduit ni plus ni moins ses banquiers, les Templiers, au bûcher et saisit leurs biens.
En 1557, Henri II suspend unilatéralement les remboursements et réduit les taux d’intérêt.
Catherine de Médicis organise une loterie pour ne rembourser qu’un tiers des dettes.
1598 : Sully impose un tel ménage que seulement 20% seront remboursés à la Suisse.
1661 : Colbert arrête et juge ses créanciers qui conserveront leurs biens mais renonceront aux remboursements de leurs prêts.
En 1769, l’Abbé Terray, nommé contrôleur général des finances déclare « La banqueroute est nécessaire une fois tous les siècles, afin de mettre l’État au pair. »
Raymond Poincarré, en 1928, dévaluant la monnaie, organise une banqueroute à 80% !
Plus radicaux dans leurs actes que les propositions finalement raisonnables de militants actuels, ces rois, ces ministres ont pratiqué ce qu’on refuse même d’évoquer aujourd’hui.

Ces récits brefs, concis, synthétiques sont autant d’arguments. Sans parler de brûler des banquiers qu’on accuserait au préalable « de crachats sur la croix, de sodomie, de Dieu renié trois fois… », des solutions moins anachroniques devraient s’y trouver.
Contre le fatalisme, l’histoire est une arme !


Le dixième chapitre raconte la revanche des rentiers. Après 1945, l’inflation galopante fait fondre la dette ce qui chagrine les capitalistes oisifs. Elle sera progressivement jugulée tandis que le chômage augmentera. Et les créanciers purent reprendre leur sieste en toute quiétude !
La lecture attentive de ces treize pages permet de décrypter les discours dominants et les enjeux d’aujourd’hui.



VIVE LA BANQUEROUTE !
Comment la France a réglé ses dettes, de Philippe le Bel au général de Gaulle.
Sous la direction de Thomas Morel et François Ruffin.
Suivi de L’IRRÉALISME, C’EST EUX !
Entretien avec l’économiste Frédéric Lordon.
Fakir éditions – Amiens – avril 2013.
144 pages – 6 euros




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